Le repas quotidien

Il est composé avant tout de soupes ou de fricassées, constituant un plat unique servi midi et soir.

Les soupes sont variées

A la citrouille
A l'oignon
Au " poirions " (poireaux)
A l'oseille ( en général conservée dans un pot de grès recouverte de saindoux)
A cochon, composée de légumes frais de saison, de pomme de terre avec un morceaux de porc.
Aux choux, aux pommes de terre sans adjonction de viande (chez les pauvres)
A lait bouli (bouilli) farine mélangée à du lait, on y ajoutait des morceaux de pain, de l'oignon frit ou un œuf.
Le " keudé " soupe au lait bouilli au cidre ( dans la région du vimeu)

Des ratatouilles, des fricassées

De haricots et de pommes de terre auxquels était ajouté le morceau de cochon. (du lard et des oignons revenu dans du saindoux, ajoutant ensuite des légumes, allongés d'un peu d'eau)

Dans les régions de pêche

L'anguille a l'oseille,
Le brochet

A la campagne

Les œufs sous forme d'omelettes au lard ou à pommes de terre

En ville, représentant un complément vivrier très agréable

Le seuret ( hareng-saur )
Le hareng frais

La salade est présente à table, même en milieu urbain ; elle se dégustait assaisonnée de lard fondu dans le Santerre et le Vermandois.

Le fromage blanc, le Rollot (fromage en forme de cœur ou de carré) terminait le repas ainsi que les fruits de saison.

L'accommodement des restes

Le pain-ferré (avec du pain rassis) ; du pain trempé dans du lait dans lequel on avait battu un œuf, puis frit dans une poêle saupoudré de sucre
Les Courtes-cosses, les vitlous, faits d'une pâte qu'on découpait en bandes cuit dans une poêle de lait ou une friture ; sucré ou salés.

L'déjeuner et l'erchinée (pause du matin et de l'après midi dans les champs)

On " deussait " (frottait) son pain avec de l'oignon ou de l'ail, accompagnant sa " deusse " d'un morceau de lard. A la ferme ces en-cas se prenait parfois sous forme de trempettes au vin ou au cidre.

La cuisine des fêtes

Le porc fournissait l'essentiel de l'alimentation en viande. Il était saigné par le 'tueur d'cochon " ou " porcheu " à l'approche de Noël, Nouvel an, et parfois de la fête du village.

Andouillettes, boudin, saucisses, mise au " tief " (saloir en grès) demandait une main d'œuvre importante. Le travail terminé on se mettait à table pour la boudinée.
Au menu, soupe au boudin, saucisses, côtelettes, abats….contrastant avec la frugalité du quotidien.

Le Dimanche

Des mets plus élaborés agrémentaient le repas du midi
Flamiques à poérions (poireaux), tourte couveerte garnie de blancs de poireaux coupés en rondelles, liés parfois d'une sauce blanche
Flamiques à oignons
Flamiques à potiron (en dès, mis à dégorger la veille)
Tarte aux pommes de terre, relevée de quelques morceaux de lard

La basse-cour faisait les frais du plat principal

Fricassé de lapin
Lapin au pruneaux, ou au cidre
Canard aux navets
La poule,
Le morceau de bœuf
Le caqhuse, morceau de cuisse de porc cuit aux four avec des oignons

Les desserts, du dimanche et jour de fête

Tarte à l'badrée ou flan ; fond de tarte garni d'une crème faite de farine, d'œufs et de lait.
Tarte à prunieux, la même en y ajoutant simplement des pruneaux ; ou d'autres druits, rondelles de pommes, parfois agrémenté de confiture.
Le talibus, une pomme évidé, rempli de sucre, d'un peu de beurre et d'un trait d'eau de vie, enrobé de pâte brisé ou feuilleté cuit à feu doux
Le gâteau battu, gâteau traditionnel des fêtes familiales et qu'on distribuait à cette occasion au voisinage.

La chandeleur

Les " landimolles ", crêpes grasse et épaisses, dont la pâte était relevé de crème et d'alcool, consommés en veillées ; prétextes à concours….

Les boissons

Au XIX ème siècle, limite-nord de la vigne, du vin de qualité variable
Du cidre (fabrication et consommation)
De la bière, souvent légère, de fabrication ménagère, ou acquis en baril
De l'eau boisson de base mis dans la " seille " (seau de vois cerclé, à la manière des tonneaux) dans lequel chacun puisait.

Les boissons alcoolisée

Eau de vie, de cidre principalement, de betterave parfois
La " flippe " , boissons traditionnelle de veillée, composée dans le Vimeu de 2/3 de cidre et 1/3 d'eau de viede pomme très fort sucré au miel, dans l'Amiénois de cidre d'eau de vie ordinaire sucré. La boisson est bu bouillante.
La bavaroise apparu en dans les années 1870, faite de chocolat de kirsch que l'on faisait bouillir et qu'on laissait réduire.

Au café du village

Le " tchou pou ", un centième d'eau de vie
Un " café polisson " ou une " bistouille ", café additionné d'eau de vie
Un " café tricolore ", un café dans lequel était ajouté du kirsch, du cognac, du rhum blanc